Héritier présomptif au trône.

À la mort du frère d’Henri III, François, duc d’Anjou, en 1584, Henri de Bourbon-Navarre devient l’héritier présomptif du trône de France. Cependant, les catholiques militants de la Sainte Ligue, qui ne voulaient pas accepter un roi protestant, et le pape, qui l’excommunia et le déclara dépourvu de tout droit d’hériter de la couronne, s’opposèrent irrévocablement à lui. Dirigée par Henri, duc de Guise et ses frères, la Ligue prétendait être le défenseur de la foi ancestrale de la France, mais sa dépendance croissante au soutien espagnol devint rapidement une menace sérieuse pour l’indépendance française. Henri III n’avait pas la force de contenir l’influence écrasante de la Ligue.

Exclu de la succession par le Traité de Nemours (1585) entre Henri III et la Sainte Ligue dirigée par le duc de Guise, Henri de Navarre mène la Guerre des Trois Henrys principalement dans le sud-ouest de la France. Dans cet épisode crucial où l’indépendance même de la France était en jeu, l’activité d’Henri était le facteur essentiel. Bien que trop enclin en paix à négliger les affaires publiques pour le plaisir privé, il était un leader inégalé en temps de péril. Prompt à saisir la signification de chaque situation, il était tout aussi prompt à agir, et la victoire était invariablement la récompense de son audace et de sa rapidité. Il n’était pas un brillant stratège mais avait la capacité d’inspirer ses hommes à l’action. Quatre siècles plus tard, ses notes et ses discours ont toujours l’impact et la clarté d’un appel de clarion. L’issue de la guerre dépendait de la rencontre entre Henri et l’armée d’Henri III, qui était de plus en plus sous l’influence de la Ligue; et à la bataille de Coutras (oct. 20, 1587) Henri de Navarre bat l’armée du roi de France sous les ordres d’Anne, duc de Joyeuse. Pendant ce temps, la Ligue avait accepté la fille de Philippe II d’Espagne et d’Élisabeth de Valois comme prochain souverain de la France. Henri III saisit tout le sens de cette situation pour l’avenir de la France et fait assassiner le duc de Guise en décembre 1588. Il se réconcilie alors avec Henri de Navarre car il a besoin de l’aide de ce dernier pour récupérer Paris du contrôle de la Ligue. Leurs forces unies assiègent Paris le 30 juillet, mais le 1er août, Henri III, le dernier de la dynastie des Valois, est poignardé dans son quartier général à Saint-Cloud. Il meurt le lendemain, après avoir proclamé fermement Henri de Navarre, chef de la maison de Bourbon, comme son successeur à la couronne de France.

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