L’analyse de l’ADN Confirme l’authenticité des Restes de Romanov

Aujourd’hui marque le 100e anniversaire de l’exécution de Nicolas II et de sa famille, un événement qui a renversé la dynastie des Romanov en Russie. Hier, alors que le pays se préparait à commémorer leurs morts, les enquêteurs russes ont annoncé que de nouveaux tests ADN avaient confirmé que les restes attribués au dernier tsar et à sa famille étaient en fait authentiques — une découverte qui pourrait ouvrir la voie à l’enterrement complet des membres de la famille royale par l’Église orthodoxe, selon l’Agence France-Presse.

Le Comité d’enquête de la Fédération de Russie, chargé de sonder les crimes graves, a déclaré que l’analyse ADN « a confirmé que les restes retrouvés appartenaient à l’ancien empereur Nicolas II, aux membres de sa famille et aux membres de leur entourage. »Dans le cadre des nouveaux tests, les enquêteurs ont exhumé le corps du père de Nicolas, Alexandre III, pour prouver que les deux sont liés, et ont également prélevé des échantillons d’ADN sur des membres vivants de la famille Romanov, selon le Moscow Times.

Les nouvelles découvertes sont le dernier développement d’un différend enchevêtré sur les restes des Romanov, dont la chute était proche après que Nicolas II a été contraint d’abdiquer le trône au milieu de la Révolution russe de 1917. Les bolcheviks radicaux ont pris le pouvoir et formé un gouvernement provisoire, et le tsar, sa femme, Alexandra et leurs cinq enfants ont été emprisonnés dans la ville d’Ekaterinbourg. En 1918, une guerre civile éclate entre l’Armée rouge du gouvernement communiste et l’Armée blanche anti-bolchevique. Alors que l’armée blanche avançait sur Ekaterinbourg, les autorités locales ont reçu l’ordre d’empêcher le sauvetage des Romanov et, aux premières heures de juillet 17, la famille a été exécutée par un peloton d’exécution. Ceux qui sont restés en vie après que les balles ont cessé de voler ont été poignardés à mort.

Les corps des Romanov ont été jetés dans un puits de mines, avant d’être récupérés, brûlés et enterrés près d’une piste de charrette. Les restes de Nicolas, Alexandra et trois de leurs filles – Anastasia, Olga et Tatiana – ont été retrouvés en 1979, bien que les corps n’aient été exhumés qu’en 1991 après l’effondrement de l’Union soviétique, selon l’AFP. Comme le rapporte Tom Parfitt du Times, des tests ADN effectués à l’époque ont confirmé que les restes étaient authentiques.

Les responsables de l’Église orthodoxe ont cependant contesté ces conclusions. En 1998, les restes découverts quelque 20 ans plus tôt ont été inhumés à Saint-Pétersbourg, mais l’Église a refusé de leur donner les rites funéraires complets. En 2007, les archéologues ont découvert les ossements de deux autres personnes, qu’ils croyaient être les enfants Romanov disparus: Maria et Alexei, le fils unique du tsar et l’héritier du trône.

« Leurs os ont également été analysés et les scientifiques en ont profité pour répéter des tests sur toute la famille à l’aide de nouvelles technologies”, écrit Parfitt. « Evgeny Rogaev, un généticien moléculaire, a découvert qu’il y en avait un dans un septillion de chance que les restes supposés être du tsar ne lui appartenaient pas. »

Pourtant, l’Église a refusé de reconnaître les restes. Les os de Maria et Alexei n’ont jamais été enterrés.

Les responsables de l’Église ont expliqué leur récalcitrance en disant qu’ils devaient être « très sûrs” de la validité des restes, puisque le tsar et sa famille ont été canonisés en 2000, rapporte Alec Luhn du Telegraph. Cela signifie que les os des Romanov sont des reliques — des objets saints dignes de vénération.

Mais la politique — et les théories du complot – sont peut-être également entrées en jeu. L’AFP rapporte que le clergé de l’Église « s’est senti mis à l’écart” par une enquête sur les restes qui a eu lieu sous l’ancien président russe Boris Eltsine dans les années 1990. En 2015, l’Église a ordonné une autre enquête, mais les critiques ont accusé les responsables de l’Église d’avoir bloqué la procédure parce qu’ils étaient réticents à admettre leurs erreurs dans la manipulation des restes. L’année dernière, par exemple, une commission de l’Église impliquée dans l’enquête a émis la théorie antisémite selon laquelle les Romanov ont été tués dans le cadre d’un rituel juif.

« Il n’y a absolument aucune raison d’examiner ces théories absurdes sur les décès et la véracité des restes lorsque nous connaissons les circonstances et que les scientifiques ont prouvé hors de tout doute qu’elles étaient réelles”, déclare Viktor Aksyuchits, à la tête d’un groupe consultatif d’État sur les restes dans les années 1990.

La dernière analyse ADN fait partie de l’enquête criminelle ordonnée par l’Église. Selon l’AFP, le porte-parole de l’Église, Vladimir Legoida, a déclaré dans un communiqué que les responsables examineraient les dernières conclusions « avec attention. »Les Romanov peuvent enfin recevoir une sépulture complète dans l’église — bien qu’elle n’arrive pas à temps pour le centenaire de leur mort.

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